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Saison 2015-2016

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Les concerts Les 17 et 31 octobre 2017

Les mardis contemporains d’Ars Musica

 

Deux Concerts-conférences de musiques de création

 

Ars Musica propose une série de concerts dans différents lieux en rencontre avec l’histoire, la philosophie, la sociologie, mais aussi le cirque, le cinéma la science ou l’architecture… Car loin d’être passive, la création musicale sait s’immiscer dans le débat en proposant une approche parfois décalée, parfois questionnante.

Ainsi, au fil de l’automne, autour de grands témoins, philosophes, écrivains, historiens, scientifiques, architectes ou artistes, divers ensembles et solistes plongeront dans une littérature musicale thématique, batissant des passerelles entre les disciplines. 

 

La Mythologie chez Lewis Caroll, le 17 octobre 2017 à 20h30

Avec Jean-Marc Fessard (clarinette) et 4 de ses élèves du Conservatoire et Marie-Hélène Inglin Routisseau (professeur de littérature à Paris-X-Nanterre)

Programme :

  • • « Alice in Wonderland Advice from a caterpillar » pour clarinette basse de Unsuk Chin (2007) 5’
    • « Alice I » de Michael Finissy pour contrebasse solo (1974-75) 6’
    • « Alice II » de Michael Finissy pour violoncelle solo (1974-75) 6’
    • « Mythic Birds waltz » pour quatuor à cordes [ ou transcription ? pour ens. de clarinettes] de Terry Riley
    • « Création » de Jean-Marc Fessard

 

Le Tourbillon de la guerre, le 31 octobre 2017 à 20h30
Avec le Quatuor à cordes Zerkalo et Christophe Bourseiller​ (auteur et journaliste)​

Programme :

  • • « Black Angels » pour quatuor à cordes de Goerges Crumb (1971) 22’ environ
    • « Quatuor à cordes 8 op.110 » de Dmitri Chostakovitch (1960) 22’ environ
    • Création de Marc Marder

 

 

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La distribution

Les mardis contemporains d’Ars Musica

Revues de presses

Les mardis contemporains d’Ars Musica

PHOTOS

Détails des dates
  • Mardi 17 octobre à 20h30
  • Mardi 31 octobre à 20h30
Les spectacles Du 15 novembre au 3 décembre 2017

Marie-Madeleine ou le Salut

DE Marguerite Yourcenar

« Je m’appelle Marie. On m’appelle Madeleine », tout le monologue de Feux (1936) se construit autour de ces deux prénoms, commençant par la Marie un peu espiègle et séductrice, se poursuivant par leur association, Marie-Madeleine, pour désigner la courtisane et finissant par la Madeleine amoureuse de Dieu.

Feux est également un recueil de la première période de Yourcenar. Ce recueil est rédigé pendant une croisière sur le Bosphore en compagnie d’Andréas Embiricos, à la fois poète, psychanalyste, armateur grec et communiste. De cette longue croisière émaneront plusieurs livres de Yourcenar : Nouvelles orientales (sur des légendes diverses), Les Songes et les sorts (un essai sur ses rêves) et Feux, un recueil de monologues sur la passion absolue et déçue, comme fut la sienne à l’égard d’André Fraigneau, lecteur chez Grasset qui sauva de la mise au rebut son Pindare.

Embiricos lui suggère sans doute de tenir un journal sur son aventure avec Fraigneau et dont des extraits, remaniés, s’insèrent entre les divers monologues du recueil.

Méfiante à l’égard de tout type de confession qu’on pourrait y rechercher, Yourcenar ouvre le livre sur la phrase : J’espère que ce livre ne sera jamais lu…

Les récits sont ceux d’amours absolus et déçus : Phèdre pour Hippolyte, Clytemnestre pour Agamemnon, Achille pour Patrocle, Antigone pour Polynice, Phédon pour Socrate, Sappho pour Attys, Marie-Madeleine pour Jésus…

Seul texte sur la tradition chrétienne, « Marie-Madeleine ou le Salut » est construit à partir de la version de Voragine faisant de Marie-Madeleine, l’épouse de Jean l’Évangéliste. Yourcenar y ajoute, toutefois, sa note personnelle, faisant de l’apôtre Jean l’amoureux de Jésus et de Jésus le séducteur des hommes.

Texte puissant, en prose poétique plus baroque que classique, Marie-Madeleine nous interroge sur la valeur du sacrifice de soi, la suprématie de la passion sur l’amour, l’illusion du bonheur, et, finalement, la force de l’écriture quand on en est exclu. Il se termine sur cet aveu plus proche de Yourcenar que de Marie-Madeleine et ébranlant nos certitudes : « Il (Dieu) ne m’a sauvée ni de la mort, ni des maux, ni du crime, car c’est par eux qu’on se sauve. Il m’a sauvée du bonheur », faisant écho à ces autres assertions « Qu’il eût été fade d’être heureux » et « Le bonheur est un sous-produit ».

Interprété par une jeune comédienne pleine encore de la révolte nécessaire pour incarner Marie-Madeleine, dans une mise en scène de Monique Lenoble, autre crinière prometteuse d’absolu, ce monologue sera bouleversant.

 

(Michèle Goslar)

L'auteur

Marguerite Yourcenar

MARGUERITE YOURCENAR (Bruxelles 1903 – Mount Desert Island 1987)

 

Orpheline de mère à onze jours, Marguerite Cleenewerck de Crayencour quittera, âgée de quelques semaines, Bruxelles pour la France (Mont-Noir) où elle passera son enfance dans le château de sa grand-mère paternelle. Elle y prendra goût à tout ce qu’elle aimera : les plantes, les animaux et les ciels du Nord.

Dès qu’elle a atteint deux ans, son père qui a déjà la cinquantaine, emmène la fillette régulièrement en voyage : Paris, la côte belge et hollandaise et la Riviera, épisodiquement Bruxelles. Ce goût des voyages lui restera jusqu’à la fin.

À la mort de la grand-mère Noémie Dufresne, son père réalise ses biens – une véritable fortune de la Belle Époque – et poursuit sa vie de nomade avec sa fille. Paris reste leur point de chute et ils connaîtront diverses résidences dans le Midi. La Première Guerre les surprendra à Ostende ; ils fuiront à Londres.

 

Élevée par son père et par des précepteurs, mais plus encore par les livres et les musées, Marguerite de Crayencour sortira de l’adolescence avec de solides connaissances en latin et grec, en littérature européenne et en langues modernes.

Depuis ses quatorze ans elle écrit et elle publiera deux premiers livres à compte d’auteur dès ses dix-huit ans : Le Jardin des Chimères (poème dialogué sur la chute d’Icare) et un recueil de poèmes. Elle se choisit un nom d’auteur, anagramme de son patronyme, et signe ses premiers livres d’un énigmatique Marg Yourcenar. Le père reste attentif aux ambitions de sa fille et les encourage. Pour le reste, Michel de Crayencour dilapide sa fortune aux jeux et avec les femmes.

Il meurt à Lausanne en 1929, après un troisième mariage, laissant sa fille et son épouse ruinées. Grâce à l’héritage de sa mère, Fernande de Cartier de Marchienne, Marguerite Yourcenar connaîtra encore dix ans de vie aisée partagée entre les voyages et l’écriture. André Fraigneau, lecteur admiratif chez Grasset, sera sa grande passion, mais une passion sans retour. La rupture d’avec Andreas Embiricos, poète grec, ne fera qu’ajouter à la détresse de la jeune femme trop souvent exclue du bonheur. Deux livres témoigneront de ces échecs : Feux, en 1935, et Le Coup de grâce en 1939. Quand la Seconde Guerre s’annonce, Marguerite Yourcenar est ruinée et accepte l’invitation lancée par Grâce Frick – une jeune femme rencontrée à Paris deux ans plus tôt – de la rejoindre aux États-Unis. La guerre en Europe aidant, l’auteur se fixe dans le Connecticut, puis dans le Maine. En 1947, elle obtient la nationalité américaine. Elle réside à « Petite Plaisance », sa maison de Northeast Harbor (Mount Desert Island, Maine). Entretemps, une malle récupérée ramène à la surface un vieux projet : Mémoires d’Hadrien. Le livre rencontrera un vif succès et ramènera Marguerite Yourcenar en Europe.

 

Grâce, devenue sa traductrice, sacrifiera ses propres travaux pour se donner corps et âme à celle qu’elle admire. En 1958, se déclare un cancer chez Grâce. Une opération lui laisse un répit de cinq ans, mais la maladie réapparaît et se généralise obligeant Marguerite Yourcenar à revivre à Mount Désert une existence sédentaire. Elle vient d’y terminer son roman le plus accompli, L’Œuvre au Noir (1968) et se met à la rédaction des deux premiers volumes de sa trilogie familiale : Souvenirs pieux (1974) et Archives du Nord (1977). Les honneurs et le succès la font sortir de sa tanière pour de brefs séjours : 1968, Prix Femina, 1971, réception à l’Académie royale…

 

Quand Grâce meurt en 1979, Marguerite Yourcenar n’a qu’une idée : reparcourir le monde avec son nouveau compagnon de voyage, Jerry Wilson. À 80 ans, elle retrouve une seconde jeunesse et se remet à l’écriture de Quoi ? L’Éternité, troisième tome de sa trilogie. Dès 1980 et son élection comme première femme à l’Académie française, les médias se bousculent pour l’interviewer. Elle semble comblée : honneurs, succès, voyages… Mais le bonheur ne durera pas : Jerry est atteint du sida et meurt, en pleine force de l’âge, en 1986. Quoi ? L’Éternité racontera partiellement ce que fut leur rencontre.

 

À 84 ans, elle s’apprête à recommencer un périple jusqu’au Népal. Le départ est fixé au 9 novembre. Le 8, à la suite d’un malaise, elle refuse de rester à l’hôpital de Bar Harbor. Le 9 on l’y reconduit inconsciente : Marguerite Yourcenar a été victime d’une hémorragie cérébrale dans la nuit. Elle décèdera le 18 décembre 1987 à l’âge de 84 ans, 6 mois et 10 jours.

 

(Michèle Goslar)

La distribution

Marie-Madeleine ou le Salut

De Marguerite Yourcenar

Mise en scène et scénographie : Monique Lenoble

Avec Laetitia Chambon

Stylisme : Bouzouk

Vidéo : Marie Kasemierczak

Création lumière : Benoît Francart

Régie : L’équipe du Poème 2

À l’initiative de Michèle Goslar

D’après « Marie-Madeleine ou le salut » in « Feux » de Marguerite Yourcenar, © Editions Gallimard

*

 

MONIQUE LENOBLE

Metteure en scène et comédienne, réalisatrice et conceptrice d’événements, Monique Lenoble a réalisé une trentaine de mises en scène et joué une cinquantaine de rôles d’auteurs classiques et contemporains en Belgique, en France et lors de tournées internationales.

En Belgique, ses dernières réali­sations ont été La Femme de l’Homme au Chapeau Boule de Patrick Roegiers, au Poème 2, Tartuffe de Molière et Vampire de Thierry Debroux. Récemment, elle a créé Des Masques, un spectacle mêlant chorégraphie, vidéo et performance.

Voir : www.arttitudes.net ; arttitudes.blogspot.com

 

Revues de presses

Marie-Madeleine ou le Salut

PHOTOS

Détails des dates
  • Mercredi 15 novembre 2017 à 19h
  • Jeudi 16 novembre 2017 à 20h
  • Vendredi 17 novembre 2017 à 20h
  • Samedi 18 novembre 2017 à 20h
  • Dimanche 19 novembre à 16h
  • Mercredi 22 novembre 2017 à 19h
  • Jeudi 23 novembre 2017 à 20h
  • Vendredi 24 novembre 2017 à 20h
  • Samedi 25 novembre 2017 à 20h
  • Dimanche 26 novembre à 16h
  • Mercredi 29 novembre 2017 à 19h
  • Jeudi 30 novembre 2017 à 20h
  • Vendredi 1er décembre 2017 à 20h
  • Samedi 2 décembre 2017 à 20h
  • Dimanche 3 décembre à 16h
Les spectacles Du 6 au 17 décembre 2017

Alexis ou le Traité du vain combat

DE Marguerite Yourcenar

Re-création

Récit de sa première période d’écriture, ce premier “portrait d’une voix” a séduit la critique (notamment Edmond Jaloux) et fait entrer Yourcenar dans le monde des lettres.

Bien que rapproché par la critique du Traité du vain désir de Gide, c’est à Rilke que Yourcenar fait référence, « Le Rilke de Malte Laurids Brigge, pas encore tout à fait celui des Élégies de Duino, mais un peu déjà. Le ton même d’Alexis, les scrupules d’Alexis, et pas sur un sujet particulier, sur tout ; la religiosité d’Alexis, une sorte de tendresse répandue par Alexis sur les êtres et les choses, tout cela est bien plus près de Rilke. Je me sentais très proche de Rilke durant cette période[1]. »

Persuadée qu’il fallait, après sa poésie, écrire quelque chose de définitif, et ayant échoué à rédiger trop tôt le grand roman Remous, Marguerite Yourcenar va exploiter une expérience personnelle pour ce premier texte en prose. Vers 1923, elle a été séduite par un jeune homme, probablement Alexis de Géra, d’origine autrichienne. Étant homosexuel, il lui confesse ne pouvoir répondre à ses attentes. C’est cette confession qui servira de point de départ au livre.

Quelques années plus tard, elle apprend le décès de Jeanne de Vietinghoff, ancienne amie de collège de sa mère, demoiselle d’honneur au mariage de son père qui est subjugué par sa beauté et son comportement de femme libre, modèle pour l’auteur, également attirée par les homosexuels, et séduite par cette femme qui épousa un homosexuel et lui resta fidèle jusqu’à sa mort.

Intriguée par les liens qui unirent son père à Jeanne, Marguerite Yourcenar rencontre en 1928, le mari de Jeanne à Zurich. Ses confidences fourniront le reste de la matière d’Alexis, Monique, dans le texte, étant Jeanne, ce que reconnut l’auteur par la suite.

Alexis ou le Traité du vain combat est une longue lettre écrite par Alexis à sa femme, Monique, venant d’accoucher, pour lui expliquer pourquoi il la quitte. Il y raconte sa vie, sa famille aristocratique sur le déclin, sa découverte de la beauté masculine, l’engrenage qui l’a conduit à l’épouser, son besoin de renouer avec la musique (Conrad de Vietinghoff était pianiste), et sa résolution d’accepter son homosexualité, sans jamais nommer la chose.

Confidence d’une sensibilité peu commune, hésitations à dire, respect de l’autre, volonté de sincérité, respect à l’égard d’une femme exceptionnelle, ce texte émeut et bouleverse à la fois. Qu’on en juge par la phrase qui clôt cette longue lettre : « Je vous demande pardon, le plus humblement possible, non pas de vous quitter, mais d’être resté si longtemps ».

Bien que non destiné au théâtre, ce monologue, à chaque lecture, m’imposait une voix qui m’a convaincue de le proposer à la scène. Trop long, mon adaptation n’a eu recours qu’au découpage, respectant la chronologie du récit.

Son interprétation par Pascal Parsat est remarquable et la mise en scène par Monique Lenoble parfaitement ajustée au propos.

Bien qu’écrit en 1929, ce texte reste d’une actualité et d’une émotion remarquables.

 

(Michèle Goslar)

 

[1] In Les Yeux ouverts, p. 67

 

L'auteur

Marguerite Yourcenar

MARGUERITE YOURCENAR (Bruxelles 1903 – Mount Desert Island 1987)

 

Orpheline de mère à onze jours, Marguerite Cleenewerck de Crayencour quittera, âgée de quelques semaines, Bruxelles pour la France (Mont-Noir) où elle passera son enfance dans le château de sa grand-mère paternelle. Elle y prendra goût à tout ce qu’elle aimera : les plantes, les animaux et les ciels du Nord.

Dès qu’elle a atteint deux ans, son père qui a déjà la cinquantaine, emmène la fillette régulièrement en voyage : Paris, la côte belge et hollandaise et la Riviera, épisodiquement Bruxelles. Ce goût des voyages lui restera jusqu’à la fin.

À la mort de la grand-mère Noémie Dufresne, son père réalise ses biens – une véritable fortune de la Belle Époque – et poursuit sa vie de nomade avec sa fille. Paris reste leur point de chute et ils connaîtront diverses résidences dans le Midi. La Première Guerre les surprendra à Ostende ; ils fuiront à Londres.

 

Élevée par son père et par des précepteurs, mais plus encore par les livres et les musées, Marguerite de Crayencour sortira de l’adolescence avec de solides connaissances en latin et grec, en littérature européenne et en langues modernes.

Depuis ses quatorze ans elle écrit et elle publiera deux premiers livres à compte d’auteur dès ses dix-huit ans : Le Jardin des Chimères (poème dialogué sur la chute d’Icare) et un recueil de poèmes. Elle se choisit un nom d’auteur, anagramme de son patronyme, et signe ses premiers livres d’un énigmatique Marg Yourcenar. Le père reste attentif aux ambitions de sa fille et les encourage. Pour le reste, Michel de Crayencour dilapide sa fortune aux jeux et avec les femmes.

Il meurt à Lausanne en 1929, après un troisième mariage, laissant sa fille et son épouse ruinées. Grâce à l’héritage de sa mère, Fernande de Cartier de Marchienne, Marguerite Yourcenar connaîtra encore dix ans de vie aisée partagée entre les voyages et l’écriture. André Fraigneau, lecteur admiratif chez Grasset, sera sa grande passion, mais une passion sans retour. La rupture d’avec Andreas Embiricos, poète grec, ne fera qu’ajouter à la détresse de la jeune femme trop souvent exclue du bonheur. Deux livres témoigneront de ces échecs : Feux, en 1935, et Le Coup de grâce en 1939. Quand la Seconde Guerre s’annonce, Marguerite Yourcenar est ruinée et accepte l’invitation lancée par Grâce Frick – une jeune femme rencontrée à Paris deux ans plus tôt – de la rejoindre aux États-Unis. La guerre en Europe aidant, l’auteur se fixe dans le Connecticut, puis dans le Maine. En 1947, elle obtient la nationalité américaine. Elle réside à « Petite Plaisance », sa maison de Northeast Harbor (Mount Desert Island, Maine). Entretemps, une malle récupérée ramène à la surface un vieux projet : Mémoires d’Hadrien. Le livre rencontrera un vif succès et ramènera Marguerite Yourcenar en Europe.

 

Grâce, devenue sa traductrice, sacrifiera ses propres travaux pour se donner corps et âme à celle qu’elle admire. En 1958, se déclare un cancer chez Grâce. Une opération lui laisse un répit de cinq ans, mais la maladie réapparaît et se généralise obligeant Marguerite Yourcenar à revivre à Mount Désert une existence sédentaire. Elle vient d’y terminer son roman le plus accompli, L’Œuvre au Noir (1968) et se met à la rédaction des deux premiers volumes de sa trilogie familiale : Souvenirs pieux (1974) et Archives du Nord (1977). Les honneurs et le succès la font sortir de sa tanière pour de brefs séjours : 1968, Prix Femina, 1971, réception à l’Académie royale…

 

Quand Grâce meurt en 1979, Marguerite Yourcenar n’a qu’une idée : reparcourir le monde avec son nouveau compagnon de voyage, Jerry Wilson. À 80 ans, elle retrouve une seconde jeunesse et se remet à l’écriture de Quoi ? L’Éternité, troisième tome de sa trilogie. Dès 1980 et son élection comme première femme à l’Académie française, les médias se bousculent pour l’interviewer. Elle semble comblée : honneurs, succès, voyages… Mais le bonheur ne durera pas : Jerry est atteint du sida et meurt, en pleine force de l’âge, en 1986. Quoi ? L’Éternité racontera partiellement ce que fut leur rencontre.

 

À 84 ans, elle s’apprête à recommencer un périple jusqu’au Népal. Le départ est fixé au 9 novembre. Le 8, à la suite d’un malaise, elle refuse de rester à l’hôpital de Bar Harbor. Le 9 on l’y reconduit inconsciente : Marguerite Yourcenar a été victime d’une hémorragie cérébrale dans la nuit. Elle décèdera le 18 décembre 1987 à l’âge de 84 ans, 6 mois et 10 jours.

 

(Michèle Goslar)

La distribution

Alexis ou le Traité du vain combat

 

 

Nouvelle création

De Marguerite Yourcenar

Mise en scène et scénographie : Monique Lenoble

Avec Pascal Parsat

Stylisme : Bouzouk

Lumière et régie : l’équipe du Poème 2

À l’initiative de Michèle Goslar

D’après Alexis ou le traité du vain combat de Marguerite Yourcenar, © Editions Gallimard

 

*

MONIQUE LENOBLE

Metteure en scène et comédienne, réalisatrice et conceptrice d’événements, Monique Lenoble a réalisé une trentaine de mises en scène et joué une cinquantaine de rôles d’auteurs classiques et contemporains en Belgique, en France et lors de tournées internationales.

En Belgique, ses dernières réali­sations ont été La Femme de l’Homme au Chapeau Boule de Patrick Roegiers, au Poème 2, Tartuffe de Molière et Vampire de Thierry Debroux. Récemment, elle a créé Des Masques, un spectacle mêlant chorégraphie, vidéo et performance.

Voir : www.arttitudes.net ; arttitudes.blogspot.com

 

PASCAL PARSAT

http://pascalparsat.wixsite.com/comedien

Après avoir dansé et mené des revues sur de nombreuses scènes d’Europe, Pascal Parsat joue, écrit et enseigne l’art dramatique aux Conservatoires de Paris depuis plus de 25 ans.

Sociétaire à la SACD, il a écrit Doriane Gray ou le Procès d’une vie, La Loterie, Vol de Nuit, Colin Maillard, Mauvais temps en juillet

Distingué, récompensé, pour sa création du concept de théâtre « Les visiteurs du noir », il explore ce que ne pas voir veut dire, à quoi cela engage.

Alexis, ou le traité du Vain combat de Marguerite Yourcenar est sa 4ème collaboration avec Monique Lenoble.

Revues de presses

Alexis ou le Traité du vain combat

« Une écriture aussi féconde et sinueuse que celle de Proust, aussi exigente que celle de Valéry, aussi délicate que celle de Rilke, aussi fascinante qu’une partita de Bach : c’est Yourcenar. Monique Lenoble, dont on reconnaît les mises en scène dans leur fidélité à l’imaginaire des auteurs, porte ici l’œuvre de Yourcenar et son personnage à un degré de rigueur et d’intensité admirables. Découpé avec fidélité pour son accession à la scène par Michèle Goslar (responsable du Centre international de documentation Marguerite Yourcenar), ce texte non seulement garde ici l’intégralité de ses pouvoirs mais encore les révèle.

Des pages qui charrient tout ce qu’en soi l’humain recèle.

Une méditation sur les enjeux de la vie. La très extraordinaire interprétation d’un comédien, lui-même auteur et metteur en scène vaut le déplacement et une attention extrême pendant près d’une heure et demie. »

Luc Norin – La Libre Belgique (20 janvier 2003)

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Détails des dates
  • Mercredi 6 décembre 2017 à 19h
  • Jeudi 7 décembre à 20h
  • Vendredi 8 décembre à 20h
  • Samedi 9 décembre à 20h
  • Dimanche 10 décembre à 16h
  • Mercredi 13 décembre 2017 à 19h
  • Jeudi 14 décembre à 20h
  • Vendredi 15 décembre à 20h
  • Samedi 16 décembre à 20h
  • Dimanche 17 décembre à 16h
Les rencontres Du 15 novembre au 17 décembre, tous les dimanches à 14h

Conférences sur Marguerite Yourcenar

DE Michèle Goslar

Tous les dimanche à 14h, la représentation du spectacle est précédée d’une conférence de Michèle Goslar

 

 

Dimanche 19 novembre à 14h : « L’être que j’appelle moi »

Présentation de Marguerite Yourcenar, de la rencontre manquée de ses futurs parents rue d’Écosse, de sa vie et de son œuvre à partir du livre Marguerite Yourcenar en images et des photographies qui seront exposées dans le bar durant les événements.

 

Dimanche 26 novembre à 14h : Marguerite Yourcenar, écologiste avant la lettre

 

Depuis sa tendre jeunesse, Marguerite Yourcenar s’est préoccupée des « actes d’apprenti sorcier » de l’homme, à la fois à l’égard de la nature, des bêtes, des hommes. Elle a dénoncé, tout au long de son œuvre et par des messages à des personnalités de toutes espèces, la pollution de l’air, de l’eau, de la terre, le massacre des animaux, les méfaits du progrès et de la démographie galopante, de l’industrialisation, du pouvoir de la finance sur le politique, de notre civilisation du « gâchage ».

 

Dimanche 3 décembre à 14h : Marguerite Yourcenar et le sacre

 

« Qui que ce soit qu’il soit » ou « Celui qui Est peut-être », Dieu, pour Marguerite Yourcenar ne se manifeste que dans la beauté de la nature, le vol d’oiseaux, un coucher de soleil particulier, le perce-neige qui transperce la couche glaciale. Refusant les dogmes de l’église catholique, elle voyait Dieu plutôt dans la forêt que dans l’église.

 

Dimanche 10 décembre à 14h : Marguerite Yourcenar et le bonheur

 

Dans Feux, on peut lire « Qu’il eût été fade d’être heureux ». Marguerite Yourcenar exclue du bonheur. Rencontres et déceptions. Le bonheur défini comme « sous-produit ».

 

Dimanche 17 décembre à 14h : « Les Coulisses d’une élection » (à l’Académie française)

Que se passa-t-il avant et pendant l’élection de Marguerite Yourcenar comme première immortelle ? Comment a-t-elle réagi à cette opportunité ? Qui et pourquoi l’a-t-on élue à l’Académie française ? Les dessous et les coulisses d’une élection très médiatisée.

michele goslar

L'auteur

Michèle Goslar

Licenciée en philosophie et lettres, Michèle Goslar suit une carrière dans l’enseignement.
La mort de Marguerite Yourcenar la pousse à se consacrer à des recherches autobiographiques sur l’auteur de Feux. Elle accumule alors des documents qu’elle met à la disposition du public en créant en 1989, à Bruxelles, le Centre International de Documentation Marguerite Yourcenar.
Depuis la création du Cidmy, Michèle Goslar en assure la permanence et en organise les activités : colloques, expositions, spectacles, conférences, visites guidées, voyages, animations scolaires…
Sa biographie de Marguerite Yourcenar est éditée en 1997 sous le titre : Yourcenar. Biographie. « Qu’il eût été fade d’être heureux » (rééditée, corrigée et augmentée en 2014). Le livre obtint le premier prix littéraire du Cercle Gaulois en 2000.
À partir de 1998, Michèle Goslar entame les recherches pour une biographie de Victor Horta. Elle élargit la recherche à son œuvre architecturale et intègre à sa biographie le sort qui fut réservé à toutes les constructions de l’architecte jusqu’à ce jour. L’essai Victor Horta (1861-1947). L’homme, l’architecte, l’Art Nouveau publié en 2012, obtient en 2015 le Prix de l’essai du Parlement de la Communauté française ainsi que le Prix Merghelinck de l’Académie, Classe des Beaux-Arts.

La distribution

Conférences sur Marguerite Yourcenar

Revues de presses

Conférences sur Marguerite Yourcenar

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Détails des dates
  • Le dimanche 19 novembre à 14h
  • Le dimanche 26 novembre à 14h
  • Le dimanche 3 décembre à 14h
  • Le dimanche 10 décembre à 14h
  • Le dimanche 17 décembre à 14h
Dîner/Concert Le dimanche 17 décembre 2017

Soirée de clôture avec le North Gospel Quartet

Le 17 décembre, nous clôturerons le cycle avec une chorale de gospels et autour d’un repas festif !

 

L’intérêt de Marguerite Yourcenar pour les Blues, Negro Spirituals et Gospels est évident. En 1964, elle publie Fleuve profond, sombre rivière, des traductions de chants noirs entreprises dès 1942 et un essai Le problème noir aux États-Unis, qui servira de préface au livre.

Father Divine, thaumaturge des Noirs de Harlem, rencontré dans les années 40, servit de modèle à Hans Bockhold de L’Œuvre au Noir. La montée et la descente du Mississippi dans les années soixante, et la rencontre de nombreux chanteurs noirs, firent le reste.

La rencontre de Jerry Wilson, son dernier compagnon, originaire d’Arkansas où les esclaves noirs faisaient légion, a donné lieu, en 1984, à l’album Blues et Gospels, illustré par des photographies de Jerry.

Enfin, elle prit part à la composition du disque de Marion Williams, Precious Memories, où elle traduit textes et témoignages au revers du disque.

Ces chants, mêlant chaleur, ferveur, foi, espérance, amour et désespoir, s’imposaient donc à cette soirée commémorative. Oh happy days…

La distribution

Soirée de clôture avec le North Gospel Quartet

North Gospel Quartet :

Jean-Christophe Beckaert, Kader Chikhi, Eric Laleu et Stéphane Allaeys interprètent a cappella des chants porteurs d’espoir, d’amour et de liberté : les Gospel songs et les Negro Spirituals.

Les arrangements et les compositions originales d’Eric Laleu en font un ensemble unique en France.

http://northgospelquartet.pagesperso-orange.fr/

 

 

Revues de presses

Soirée de clôture avec le North Gospel Quartet

PHOTOS

Détails des dates
  • Dimanche 17 décembre 2017 à 19h

Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Direction générale de la Culture, Service général des Arts de la Scène,
de la Loterie Nationale et de la Commune de Saint-Gilles

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